Août 2018
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Source : la France agricole (5 février 2018)

Dans un contexte de forte croissance des importations de miel, des députés ont déposé une proposition de loi à l’Assemblée nationale afin que soit levée l’opacité sur la provenance des miels mélangés.

Déposée le 24 janvier 2018 à l’Assemblée nationale, une proposition de loi pourrait obliger d’apposer l’origine de tous les miels, même mélangés. Les députés à l’initiative du projet proposent qu’à compter du 1er janvier 2019, l’indication de chaque pays d’origine soit obligatoire pour tous les miels originaires de plus d’un État membre ou de plus d’un pays tiers. Et qu’avant cette date, le gouvernement remette au Parlement un rapport sur la mise en œuvre de cette loi, ses incidences pour la filière, et les nouveaux moyens nécessaires au renforcement des contrôles.

Forte pression extérieure

Tandis que le miel séduit de plus en plus les consommateurs français, la part de la production nationale perd peu à peu ses parts de marché à la faveur des miels importés. Selon FranceAgriMer, en 2016, les importations ont représenté 35 583 tonnes, contre 16 099 tonnes pour les produits français. Un chiffre qui décrocherait à 10 000 tonnes en 2017. Dans les années 1990, la production dans l’Hexagone affichait quelque 30 000 tonnes.

Les députés soulignent que, selon FranceAgriMer toujours, en 2016, les importations proviennent pour 20 % d’Espagne, 14 % de Chine, 13 % d’Ukraine, et 9 % d’Argentine. Et selon lui, « ces importations massives s’accompagnent d’une dégradation sans précédent de la qualité des miels, le plus souvent mélangés à des miels produits dans l’Union européenne puis vendus avec la mention « mélange de miels originaires et non-originaires de l’UE ». »

Beaucoup trop de fraudes

Ces dernières années, des contrôles soulignent des cas de fraude sur une partie des échantillons : fausses informations relatives à leur origine, ou procédés d’adultération comme l’ajout de sucres et sirops de sucres. « La fraude la plus répandue consiste ainsi à ajouter dans les miels des produits sucrants à bas prix parfois enrichis avec des pollens pour mieux contourner les contrôles de base effectués sur les lots », détaille la proposition de loi.

Pour que la filière puisse se structurer, il apparaît nécessaire aux députés que garantir la transparence et la traçabilité des miels commercialisés en France. La différence dans les prix d’achat des produits français et ceux importés conforterait les marges des transformateurs comme de la distribution. « Les miels vendus sont pour l’essentiel des miels mélangés portant la mention « mélange de miels originaires et non originaires de l’UE », dénoncent les députés. Les consommateurs n’ont donc aucune possibilité de connaître l’origine des miels et leur part respective dans le produit vendu. »

Lever les dispositifs dérogatoires

Pour l’heure, si la loi exige que soit inscrite l’origine du miel, des alinéas introduisent une possibilité de déroger à cette obligation d’indication du pays d’origine, pour le miel « originaire de plus d’un État membre ou de plus d’un pays tiers ». D’où l’apparition d’étiquetages opaques : « mélange de miels originaires de l’Union européenne », « mélange de miels non originaires de l’Union européenne », « mélange de miels originaires et non originaires de l’Union européenne ». Cette disposition dérogatoire sur laquelle s’appuie aujourd’hui l’essentiel de l’offre de miels doit donc être levée, selon les députés.

Les cueilleurs d'essaims

 

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